L'INDIVIDU ET LE COLLECTIF

L'individu et le collectif : une question philosophique pour l'éducation. Ce colloque - les Cinquièmes rencontres de la SOFPHIED, organisées en mai 2011 à la Sorbonne (amphi Durkheim) - envisage l'individu et le collectif comme une tension constitutive à surmonter.




        SOCIOLOGIE ET PHILOSOPHIE DE L'ÉDUCATION :

UNE FAMILIARITÉ PROBLÉMATIQUE

Cette journée d’étude se veut tout d’abord un hommage à Jean-Claude Forquin, disparu, récemment, en novembre 2009. Le sens de son œuvre et de son parcours intellectuels seront ainsi remémorés autour d’un thème qui lui était cher.

Il a semblé que nous ne pouvions mieux nous situer dans son héritage qu’en interrogeant les modalités des rapports ainsi que les usages réciproques susceptibles d’avoir lieu, au sujet de l’éducation, entre philosophie et sociologie. Et, au défaut de réponses générales, bien claires et définitives, au moins attester de certaines modalités de rapports singuliers.

Certains sociologues n’ont ainsi aucune crainte à user de savoirs et de concepts issus du champ philosophique, contemporain ou non, les faisant travailler ensuite à leur façon, ou même s’évertuant à les redéfinir et à les réactualiser. Ils usent ou empruntent à la philosophie, et en ce sens passent par elle, pour parfois aussi se retourner contre elle et pointer ses naïvetés. Choses dont les philosophes ne pourraient normalement que se réjouir D’autres au contraire semblent vouloir supprimer toute référence à la philosophie et s’ils passent par elle, c’est pour mieux la quitter ou s’en émanciper. Ils auraient pris la relève et également la relève du magistère dans nos sociétés. Dans quoi s’engagent-ils par là ?

Du côté des philosophes, il semble bien qu’il soit difficile aujourd’hui, voire impossible, de développer un discours de philosophie de l’éducation sans au moins « passer par » la sociologie de l’éducation et sans en connaître quelques choses, (autant que par d’autres disciplines issues des sciences humaines). Il y a là comme un point de passage obligé. Mais là encore, quelles sont les modalités de ces usages ? Qu’est-ce que passer par la sociologie, et que reste-t-il à dire au-delà ? Que reste-t-il à dire du social et de l’éducation au-delà ou en dehors de ce que la sociologie nous en apprend ? Qu’est-ce que tenir compte de la leçon sociologique ?

Cette question des passages réciproques et de leurs modalités devrait certainement prendre la mesure d’une époque où il semble bien que le discours sociologique soit en position d’hégémonie sur les questions éducatives, au moins en France. La philosophie pourrait ainsi se sentir dépossédée de questions qu’elle revendiquait comme les siennes (la citoyenneté, l’autorité, par exemple) En un sens il est difficile de contester la réalité de cet état de fait. Au-delà, il est difficile de contester le droit essentiel du point de vue sociologique sur l’école. Alain par exemple, il y a un petit siècle, disait très nettement que le point de vue sociologique était le point de vue rectificateur essentiel, celui vraiment apte à corriger toutes les naïvetés sur l’école. Mais il pointait également la nécessité d’autres thématiques, sur lesquelles la sociologie, pensait-il, n’avait pas prise, par exemple ce qu’il nommait les Humanités, ou encore ce qui relevait d’une formation de l’esprit, à commencer par la lecture et l’écriture. Un tel double geste peut-il être repris aujourd’hui ?

Quels points de vue donc peuvent incarner sur l’école sociologue et philosophe et leur différend est-il bien pensable en termes de différence de points de vue ?

Les questions éducatives sont un lieu pertinent où l’on peut analyser certains modes de ces passages, en un sens ou dans l’autre. C’est ce à quoi voudrait s’attacher cette journée d’étude.

logo